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La Commission Vérité, Justice et Réconciliation du Togo: lente à démarrer!

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Personne n’avait dit qu’il aurait été facile de faire la lumière sur le demi-siècle de violences politiques qui ont jalonné la vie du Togo depuis 1958, veille de l’indépendance, jusqu’en 2005, et qui ont connu un pic en 2005 après les violences ayant suivit l’élection présidentielle controversée de 2005, et qui avaient fait 500 morts et des milliers de blessés, d’après un rapport de l’ONU. Cependant après une année d’activités ou d’inactivité, devons-nous dire, la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) du Togo est beaucoup plus connu pour ce qu’elle n’a pas accompli plutôt que pour ce qu’elle a pu faire. Et après des mois de silence et d’invisibilité, la Commission a récemment commencé à se défendre et justifier ses actions devant le public.

«Je dois d’être honnête avec vous. Je partage le sentiment exprimé par certains qui se demandent ce qu’a fait la Commission jusqu'à présent», a déclaré Mgr Nicodème Barrigah-Benissan, Président de la CVJR lors d’une conférence de Presse le 03 juin 2010.

“Autant nous nous sommes montrés au début de nos activités, autant nous avons gardé un certain silence qui n’est pas très compréhensible. Nous avons voulu rompre le silence pour dire qu’en réalité nous ne sommes pas inactifs»

Barrigah-Bénissan, ne faisait ainsi que répéter que ce que l’opinion publique togolaise savait très bien déjà. Car de septembre 2009 jusqu’en juin 2010, la Commission a semblé être complètement au point mort. Et le silence des membres de la Commission au cours de cette période était incompréhensible à la presse et aux populations du Togo.

Selon Mgr Nicodème, des «événements sociopolitiques» imprévus ont imposé une mise en veilleuse des activités de la Commission.

«Devant la montée inquiétante de la tension autour de l'élection présidentielle en préparation, nous avons dû mettre de côté, les activités spécifiques à la Commission pour nous consacrer au processus électoral, étant entendu que des élections dans un climat de violence, n’auraient certainement pas aidé les travaux de notre institution» a-t-il expliqué.

Normalement dans le processus d’une Commission de ce type, il y a trois à six mois qui sont consacrés à la phase préparatoire, a soutenu Mgr Barrigah, avant d’ajouter que cette phase préparatoire ne devrait même pas être comptabilisée dans la période opératoire.

«Les gens ont l’impression que nous avons perdu toute une année à ne rien faire de concret. C’est inexact», a précisé le président de la CVJR. «Les résultats sont là ! »

D’après Mgr Barrigah, les résultats de la Commission sont entre autres, 48 rencontres avec les responsables des partis politiques, une vingtaine de réunions avec la Haute Commission des Droits de l’Homme au Togo. Au cours des préparatifs de l’élection présidentielle d’avril 2010 au Togo, la Commission a aussi organisé 24 réunions sur toute l’étendue du territoire pour appeler les uns et les autres à une élection pacifique, a-t-il aussi ajouté.

Et de fait, la Commission a utilisé la moitié de son mandat sans aller au-delà de la phase préparatoire. Selon l’article 8 du décret présidentiel qui a établis la Commission et ses membres, toute la mission devrait être accomplie en dix huit mois. La commission pourra cependant demander une prorogation de six mois supplémentaires pour achever sa mission de façon effective.

Mais à ce jour, la Commission n’a pas été capable de donner une quelconque date approximative à laquelle, elle serait capable d’achever sa mission.

« Nous avons des appréhensions par rapport aux contraintes liées au temps », le Monseigneur avait-il reconnu. « A cause de la phase préparatoire qui a été très longue, et l’élection présidentielle, il sera impossible à la CVJR respecter son agenda initial. »

Face à la pression grandissante du public et le peu de temps imparti, la Commission s’empresse maintenant sur les phases suivantes de sa mission pour recueillir les témoignages des victimes des violences et des violations des Droits de l’Homme. Suivra ensuite la phase des investigations qui permettront de vérifier les témoignages.

Et pour se faire, la Commission s’appuie sur un nouveau site internet et une ligne verte pour collecter et compiler les témoignages.

La ligne verte, (800 12 12) est destinée à ceux qui sont loin de la Commission ou qui n’ont pas les moyens financiers pour se rendre en personne aux centres de dépositions de la CVJR. « Toute personne qui souhaite être entendu aura une oreille attentive et sympathique », a rassuré le Président.

Le site web (www.cvjr-togo.org), comme l’a précisé Mgr Barrigah, permettra aux togolais vivants à l’Etranger d’entrer en contact avec la Commission, en prenant soins néanmoins de produire les preuves de leur nationalité.

Malgré ce renouvellement de l’engagement de l’Equipe de la CVJR, de nombreux togolais doutent toujours de la capacité de la Commission à accomplir sa mission et d’amener les togolais et leur gouvernement à la paix et à la réconciliation.

«Je ne crois pas en cette commission et je demande à Mgr Barrigah-Benissan de laisser ce travail et d’aller continuer sa mission d’évêque», a confié à la Presse Nicolas Lawson, Président du Parti du Renouveau et de la Rédemption.

Selon lui, la solution du Togo n’est pas pour le moment dans la création d’une quelconque Commission Vérité, Justice et Réconciliation, mais plutôt dans un changement de régime politique.

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